21 décembre 2012: la prophétie maya qui n’existe pas!

La date fatidique du 21 décembre 2012 arrive à grands pas et il est encore temps de s’instruire sur ce que le calendrier maya ne dit pas! Et oui, contrairement à l’idée véhiculée par les médias qui crée un véritable phénomène de société, les anciens Mayas n’ont rien prédit pour la date du 21 décembre 2012!

Un grand merci à mon amie réalisatrice Clémence Le Prévost pour la réalisation de cette interview vidéo à but pédagogique. N’hésitez pas à la partager avec vos amis des quatre coins du monde! Elle est également disponible avec des sous-titres anglais et espagnols.

Débat sur l’Apocalypse et le 21 décembre 2012 à la Bibliothèque Buffon

 © yuriy.toropin (flickr)	Le jeudi 13 décembre 2012 à 19h j’interviendrai dans une rencontre débat sur le thème du 21 décembre 2012 et les peurs apocalyptiques que cette date suscite. Ce débat aura lieu à la Bibliothèque Buffon (Paris 5e) et sera animé par le journaliste et réalisateur Bernard Bourdeix. J’y exposerai mon point de vue de spécialiste du calendrier maya sur la supposée « prophétie » annonçant la fin du monde. A mes côtés, le scientifique Didier Jamet, présentera pour sa part les questions relatives aux hypothèses astronomiques.

Entrée gratuite. Plus d’information sur le site de la bibliothèque municipale de Paris.

Accès à la Bibliothèque Buffon
15 Bis rue Buffon, 75005 PARIS

Conférence sur le « Calendrier maya » à l’Entrepôt


Quelle était la conception du temps chez les anciens Mayas ? Quels cycles régissaient le cours de leur vie ? C’est à ces questions que je répondrai à travers l’analyse du calendrier maya. Le fondement du calendrier maya est un cycle de 260 jours, commun à toutes les civilisations de la Méso-Amérique, qui permettait de définir et structurer la vie sociale, politique et religieuse des Mayas.

En m’appuyant sur leurs mythes et les récits coloniaux des Espagnols, je me propose de vous faire découvrir l’univers fascinant du compte du temps maya, où les cycles temporels sont personnifiés, chacun exerçant une influence et un destin particulier sur la vie des hommes. C’est pour cette raison que ce calendrier est appelé « calendrier divinatoire ». Au cours de cette conférence, nous verrons que son usage prophétique est encore en vigueur chez certaines communautés mayas contemporaines. Nous aborderons également la question du 21 décembre 2012, qui marque la fin du 13e baktun du « compte long maya », faisant ainsi place à une nouvelle ère ou « soleil » de 5126 ans.

Pour vous inscrire et assister à la conférence, rendez-vous à la Galerie de l‘Entrepôt, le mercredi 11 avril à 19h30.

Visites guidées de l’exposition « Les masques de jade mayas » à la Pinacothèque de Paris

Après le succès remporté par l’exposition « Maya : de l’aube au crépuscule » présentée au musée du Quai Branly l’été dernier,  les Mayas sont à nouveau à l’honneur à Paris avec la très belle exposition des « Masques de jade mayas » qui aura lieu du 26 janvier au10 juin 2012 à la Pinacothèque.

Cette exposition ravira le coeur des amateurs d’art mexicains qui l’attendaient en 2011 et qui ont été nombreux a être déçus par l’annulation de l’année du Mexique en France, suite à la polémique de l’affaire Cassez. Pendant quatre mois, vous pourrez admirer la splendeur des masques funéraires de l’élite maya, exceptionnellement prêtés par le Mexique.  Des reconstitutions du contexte d’origine de ces masques, tels qu’ils ont été découverts par les archéologues, les rendent encore plus attrayants pour le grand public. On abordera également le problème de la reconstitution de ces mosaïques de jade par les restaurateurs mexicains, qui laisse nécessairement part à une réinterprétation de la morphologie des masques.

Pendant les prochaines semaines, je me ferai un plaisir de vous guider dans cette exposition. Ce sera pour moi l’occasion de partager mes connaissances en vous faisant découvrir le monde fascinant des anciens Mayas, leurs rituels, leurs croyances et leur cosmovision.

Si vous êtes intéressés par une visite, n’hésitez pas à parcourir la page Visites pour plus de détails (horaires, réservations).    Elise Ferran

La « fin du calendrier maya » annoncée pour le 28 octobre 2011 ou le 21 décembre 2012 ?

http://www.4-ahau.com/calendriers_2010-2011.htmlEn tant que spécialiste du calendrier maya, je répondrai aucune des deux, ou plutôt tout dépend de ce que vous entendez par « fin du calendrier maya ».

Ces derniers mois de nombreuses informations  ont circulé sur Internet à propos de la  « 9e onde maya » de Carl Calleman. Selon lui,  le 8 mars 2011, l’humanité serait rentrée dans la dernière phase du calendrier maya qu’il interprète comme la « 9e vague d’évolution de conscience ». Celle-ci s’achèverait le 28 octobre 2011 et anticiperait ainsi d’un peu plus d’un an, la date du 21 décembre 2012 marquant la fin du Compte Long maya communément admise chez les mayanistes (spécialistes de la civilisation maya précolombienne).

A qui accorder le plus de validité ? A  Carl Calleman ou aux mayanistes ?

La question ne se pose pas réellement en ces termes car Carl Calleman, médecin suédois de formation qui a consacré les 20 dernières années de sa vie à l’étude du calendrier maya, ne parle pas du même « calendrier » que les mayanistes.  Il ne s’en cache d’ailleurs pas et précise que le calendrier qu’il décrit dans sa théorie de la 9e onde n’est  « pas maya au sens ethnique du terme ». Carl Calleman insiste sur l’importance de sortir de la tradition locale pour construire un calendrier à portée plus universelle. Ce qui explique la présence incongrue (pour tout spécialiste du calendrier maya) d’un découpage de la 9e onde en périodes de 9 + 9 jours : ces périodes n’ayant jamais existé dans le calendrier maya, ni dans aucun autre calendrier inventé en Mésoamérique.

De fait, la date du 28 octobre 2011, comme toute sa théorie, repose sur des interprétations et hypothèses personnelles du calendrier. Libre à chacun de choisir d’y adhérer ou pas. Pour ma part, ce n’est pas le contenu « scientifique » de sa théorie qui me parle, mais plutôt le message de fond que Carl Calleman essaie de transmettre, qui intègre une réelle dimension spirituelle, optimiste et pleine d’espoir pour les années à venir.

Si le 28 octobre 2011 n’est pas la date de « fin du calendrier maya », c’est donc la date du 21 décembre 2012 qu’il faut retenir ? Disons que c’est aujourd’hui la date qui fait consensus chez les mayanistes comme étant la date de fin du Compte Long. Plus exactement, c’est la date d’origine de ce grand cycle et sa durée qui font consensus. Après moult débats au début du XXe siècle, la communauté mayaniste s’est arrêtée sur la fameuse correlation G-M-T (vérifiant les hypothèses de Goodman, Martinez et Thompson) fixant la date mythique du « 4 ahau 8 cumku » au 11 août 3114 av. J-C.

Or, comme toute hypothèse scientifique elle est sujette à révision, et peut varier à un an près selon les mayanistes. Ce qui évidemment ferait fluctuer la date de 2012 et rendrait vaine toute tentative de fixer avec exactitude une date marquant la fin du Compte Long… D’ailleurs, l’idée même de date de fin ou de date d’origine du Compte Long n’est pas  proprement adaptée à la conception cyclique du temps chez les Mayas. Quand on parle de 2012, il serait plus juste de parler d’une date de passage vers le début d’un nouveau cycle, cycle qui, comme le précédent, devrait durer près de 5126 ans (ou 13 x 400 x 360 jours).

Quant à savoir ce que les Mayas contemporains disent à ce sujet, c’est encore une autre histoire. Je me garderai bien de parler à leur place. Pour ceux qui souhaiteraient tout de même se faire une idée sur la question, voici une vidéo d’un court entretien avec Don Alejandro Oxlaj s’exprimant en tant que « représentant de l’autorité du Conseil National des Ainés Mayas du Guatemala ».

Elise Ferran

Calendrier maya et 2012 : mythes, croyances et vérités

Dans cet article, je souhaite sortir des sentiers battus de l’archéologie pour répondre à bon nombre de personnes qui s’interrogent sur ce que le calendrier maya nous apprend sur 2012.

C’est un sujet d’actualité qui soulève autant d’enthousiasme que de peurs et sur lequel j’aimerais apporter ma contribution d’anthropologue et archéologue spécialiste du calendrier maya.

Quel savoir les anciens Mayas nous ont livré sur 2012 ? Au risque d’en décevoir plusieurs, je ne peux répondre à cette question que par : « très peu de choses… ». Comment cela ? Les Mayas n’auraient-ils pas écrit de nombreuses prophéties annonçant l’avènement d’une nouvelle ère débutant le 21 décembre 2012 ?

Tout le paradoxe du phénomène 2012, c’est l’impressionnante quantité de livres et articles qui traitent cette question comme une vérité établie, sans s’interroger sur ce que les Mayas précolombiens et Mayas actuels en disent réellement.

L’ampleur de ce phénomène est telle, qu’aujourd’hui il existe sur Internet de nombreux sites traitant d’un calendrier dit « maya » qui, sous de nombreux aspects, est très différent de celui que les anciens Mayas utilisaient. Qu’il s’agisse des nombreuses lectures astrologiques du « Kin maya » (ou Dreamspell inventé par l’américain José Argüelles) ou de la théorie de la « Neuvième Onde maya » du suédois Carl Calleman, il s’agit encore et toujours d’une réinterprétation occidentale du calendrier maya.

Pour comprendre précisément de quoi il en retourne, il est nécessaire de rappeler quelques détails chronologiques et culturels.

Quand on parle de la date du 21 décembre 2012 comme étant la date de la fin du « calendrier maya », on se réfère à la fin du Compte Long – immense cycle d’environ 5126 ans qui débuta en 3114 av. J-C – qui est une manière de compter le temps spécifique aux Mayas de l’époque Classique (300-900 apr. J-C). Or, cette façon très complexe d’enregistrer le passage du temps n’était plus d’usage chez les Mayas que les Espagnols rencontrèrent au XVIe siècle. L’unique forme du calendrier maya qui perdura jusqu’à nous est celle du Tzolkin, calendrier rituel de 260 jours, dont l’usage prophétique – proche de celui de notre astrologie – est encore en vigueur chez certaines communautés mayas contemporaines du Guatemala.

Tous ces détails historiques sont essentiels pour bien comprendre ce que l’on entend par « calendrier maya ». On peut alors distinguer s’il s’agit d’un savoir précolombien, reconstitué grâce aux déchiffrements des archéologues (le Compte Long), ou d’un savoir traditionnel (le Tzolkin), transmis de génération en génération par les aj k’ij ou « gardiens des jours ».

Trop souvent, la question du calendrier maya et de 2012 est abordée sous l’angle d’un supposé « savoir ancestral maya » ignorant cette distinction culturelle. Or celle-ci est de taille, car sans la redécouverte du Compte Long par les archéologues le phénomène 2012 existerait-il ? Les populations mayas n’utilisant plus le Compte Long depuis plus d’un millénaire, la date du 21 décembre 2012 aurait-elle gardé une signification particulière à leur yeux ou serait-elle une date de solstice d’hiver comme une autre ?

On en arrive à la question de fond de l’origine du phénomène 2012, qui n’a finalement rien ou très peu à voir avec le monde maya… C’est un phénomène de société proprement occidental qui puise ses racines dans différents horizons culturels, scientifiques et surtout ésotériques.

Ses détracteurs comme Georges Fenech, président de la Mission interministériel de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), le considère à tort comme un mouvement millénariste de plus, annonçant la fin du monde et dont le 21 décembre 2012 serait la date fatidique. Bien sûr, c’est de cette manière que certains férus de discours apocalyptiques (comme le réalisateur  Roland Emmerich) ont saisi le coche.

Bien heureusement, les idées apocalyptiques sont loin de refléter la majorité des questionnements soulevés par le phénomène 2012. Puisque la conception du temps chez les Mayas est cyclique, la date du 21 décembre 2012 marque la fin d’un très grand cycle, en même temps que la naissance d’un nouveau cycle de durée égale. C’est sur cette idée de renouveau et de transformation que s’appuie la plupart des discours New Age.

Nombreux sont ceux qui ont saisi l’opportunité de 2012 pour s’interroger sur l’avenir de notre société et sur l’avènement d’une nouvelle ère, dans laquelle l’humanité serait plus consciente. C’est notamment l’objectif de la théorie de la 9e onde maya de Carl Calleman (dont je reparlerai plus en détails dans un autre article) : démontrer que le calendrier maya annonce une période d’évolution de la conscience humaine. A l’heure de la crise majeure que traverse notre monde actuel, c’est bien normal que ce type de discours évolutionniste trouve de plus en plus d’échos chez tous ceux qui aspirent à un monde meilleur…

Et vous, comment imaginez-vous 2012 ? Prophéties mayas ou pas, peu importe, chacun est libre de croire en l’avenir qu’il souhaite.

Elise Ferran

Visites guidées de l’exposition « Maya » au Musée du Quai Branly

Jusqu’au 2 octobre 2011, c’est l’occasion où jamais de découvrir la civilisation maya à Paris. L’exposition « Maya : de l’aube au crépuscule » du Musée du Quai Branly regroupe 150 pièces prêtées par le Musée National d’Anthropologie du Guatemala. Stèles, céramiques, encensoirs, ornements en os ou en jade sont autant d’objets emblématiques de la culture maya que je propose de vous faire découvrir, en ma qualité de docteur en anthropologie sociale et spécialiste de l’archéologie maya.

Nous plonger dans l’univers de cet art sur près de 2000 ans, nous permettra de retracer l’histoire de cette brillante civilisation qui vécut plusieurs transformations et renaissances avant l’arrivée des Espagnols en 1521. Plus que des « objets d’art », les objets exposés sont avant tout des vestiges de la vie quotidienne des élites mayas et de leurs pratiques religieuses. Au fil du parcours de l’exposition, nous prendrons notamment le temps d’expliquer l’originalité de leur système d’écriture et de leur fameux calendrier. Elise Ferran